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Qui est Jack Shaheen?

July 13, 2017

Jack Shaheen, spécialiste de l'image des Arabes au cinéma et à la télévision, auteur du livre “Reel Bad Arabs”, ancien consultant  à  CBS news sur les affaires du Moyen-Orient, et professeur émérite des communications de masse à la Southern Il

linois University, à Edwardsville est décédé ce dimanche 9 juillet 2017. 

Shaheen, né à Clairton, Pennsylvanie de parents  immigrants libanais, a dédié sa vie et son travail à combattre les stéréotypes véhiculés par les médias hollywoodiens. 

S'il est vrai que les attentats du 11-Septembre ont contribué à figer le stéréotype du terroriste arabo-musulman dans les oeuvres populaires, les spécialistes s'accordent à dire que l'image négative de l'islam au cinéma ne date pas d’hier. Le documentaire (lien dans les commentaires) Reel Bad Arabs tiré du livre du même nom, met en évidence après une analyse de quelques centaines de films couvrant l’histoire du cinéma hollywoodien de son ère burlesque des années 20, à nos jours, la  tendance acharnée des studios de Hollywood à la diabolisation des arabes et des musulmans.

 

L’image des Arabes à Hollywood est héritée des Européens qui ont visité (ou pas) le Moyen-Orient il y a 200 ans et ont ramené cet imaginaire fantasmé. Les pays arabes ne sont jamais nommés mais désignés comme “Arab Land” et les plans de caméras commencent toujours par un inquiétant désert. S’ensuivent les traditionnelles images de futiles et voluptueuses danseuses de ventre, naïves et au service de la voracité de riches et insatiables cheikhs. Les autres hommes étant décrits comme une race de nomades sauvages, bandits, stupides et inaptes à la civilisation. 

Mais c'est dans les années 60 et 70, principalement en raison du conflit israélo-palestinien, que l'Arabe est clairement devenu un méchant au cinéma, au même titre que le communiste. Exodus, avec Paul Newman, en 1960, en est probablement la première illustration. Les scénarios de films traitant le sujet déshumanisent totalement les Palestiniens qui ne sont jamais montrés dans leur quotidien mais toujours en tant qu’agresseurs et terroristes.

 

Le monde politique se sert d’Hollywood pour renforcer des images et influencer l’opinion, “Washington et Hollywood partagent le même ADN” disait Jack Valenti, l’ancien président de la Motion Picture Association of America (association interprofessionnelle américaine qui défend les intérêts des six plus grands studios hollywoodiens sur le territoire des Etats-Unis). Vers la fin des années 70, le cinéma hollywoodien associe l'Arabe au terroriste au point de les confondre, dans des films comme Black Sunday (1977), dans lequel des Palestiniens fomentent un attentat dans le stade où se déroule le Super Bowl. La tendance ne se dément pas et atteint une sorte d'apogée avec True Lies (1994), où Arnold Schwarzenegger tente d'empêcher des Arabes de prendre possession d'un avion pour attaquer Washington, ou encore The Siege (1998), à propos d'une attaque terroriste sur New York.

 

Si le cinéma américain a popularisé bien avant le 11 septembre 2001 le personnage du méchant Arabe, les attentats contre le Pentagone et le World Trade Center ont eu un écho sans précédent au petit écran. Plusieurs émissions de télévision, dont la portée dépasse largement les frontières des États-Unis, ont profité de la tragédie pour perpétuer ce stéréotype: la série 24, en particulier, mais bien d'autres aussi, telles Sleeper Cell, Threat Matrix ou CSI.

«Il n'y a jamais eu d'effort pour contrer cette perception, regrette Jack Shaheen. L'effet a été désastreux sur l'image des Arabes et des musulmans. Mépriser les Arabes est devenu non seulement acceptable, mais politiquement correct.»

 

Le monde des enfants n’est pas épargné puisque même Walt Disney a dédié son 40-ème dessin animé au conte d’Aladdin (1992) en ré-utilisant tous les codes dégradants d’Hollywood. Les paroles de la musique d’ouverture de la version anglophone (retirées depuis) sont interpellantes: 

                                                “Oh I come from a land, from a faraway place

                                                 Where the caravan camels roam

                                                 Where they cut off your ear

                                                 If they don't like your face

                                                 It's barbaric, but hey, it's home”

Qui pourrait être traduites par: “Oh je viens d’une terre, d’un endroit lointain

                                                   Là où se promènent des caravanes de chameaux,

                                                   Là où ils vous coupent les oreilles s’ils n’aiment pas votre tête

                                                    C’est barbare, mais c’est chez moi”

 

 

Jack Shaheen était pourtant un optimiste qui se réjouissait de constater que de jeunes cinéastes, plus renseignés sur l'islam, ne perpétuent pas les mêmes préjugés que leurs aînés mais ce sont surtout des films indépendants (comme Amreeka, The Visitor, Just Like Us, Cairo Time, Syriana ou Les cerfs-volants de Kaboul) qui proposent une vision plus humaine de l'Arabe et du musulman. Mais il n'y a pas encore eu de grand succès hollywoodien pour détruire complètement le stéréotype.

 

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